Un diagnostic électrique Consuel recouvre deux documents distincts. Après des travaux, l'attestation de conformité Consuel autorise la mise en service d'une installation électrique neuve ou rénovée ; le diagnostic électrique contrôle la sécurité d'un logement ancien lors d'une vente ou d'une location. Une attestation visée récente peut le remplacer, l'inverse jamais.
Diagnostic électrique et attestation Consuel, deux contrôles de sécurité distincts
Le diagnostic électrique et l'attestation Consuel contrôlent tous deux la sécurité de l'installation électrique d'un logement à usage d'habitation, mais pas pour le même public. Le diagnostic électrique, réalisé par un diagnostiqueur certifié, décrit l'état de l'électricité d'un logement existant lors de la vente ou de la location. L'attestation Consuel certifie la conformité aux normes d'une installation neuve ou rénovée après travaux, avant sa mise sous tension. Confondre les deux mène à deux erreurs : payer un diagnostic qui ne permettra jamais d'obtenir le courant, ou croire qu'une ancienne attestation de conformité dispense d'informer l'acquéreur.
- Diagnostic électrique (état de l'installation intérieure d'électricité)
- Rapport réalisé par un diagnostiqueur certifié, obligatoire en vente et en location quand l'installation a plus de 15 ans. Il relève des anomalies mais n'impose aucun travaux. Il entre dans le dossier de diagnostic technique (DDT) remis à l'acheteur ou au locataire.
- Attestation de conformité visée par le Consuel
- Document rempli et signé par l'auteur des travaux, puis visé par le Comité national pour la sécurité des usagers de l'électricité. Le visa conditionne la mise en service par le gestionnaire du réseau de distribution pour une installation neuve, une installation rénovée après coupure du réseau ou une installation de production.
Le diagnostic regarde donc vers l'occupant suivant, l'attestation vers le réseau public. Cette différence de destinataire explique presque toutes les règles qui suivent : délai de validité, personne qui remplit le document, contrôle sur place ou non, conséquence d'une anomalie.
Le comparatif critère par critère
Le diagnostic électrique et l'attestation Consuel se distinguent sur chaque critère qui compte pour un propriétaire au sortir d'un chantier. Le tableau reprend les règles publiées par service-public.fr et par le Consuel, relevées en octobre 2026.
| Critère | Diagnostic électrique | Attestation Consuel |
|---|---|---|
| Finalité | Informer l'acquéreur ou le locataire sur la sécurité | Autoriser le raccordement et la mise sous tension |
| Déclencheur | Vente ou location d'un logement dont l'installation a plus de 15 ans | Installation neuve, rénovation complète après coupure par le gestionnaire, production d'électricité |
| Qui le remplit | Un diagnostiqueur certifié, indépendant des travaux | L'auteur des travaux, électricien ou particulier |
| Contrôle sur place | Toujours, visite des parties privatives et dépendances | Systématique pour un non-professionnel, par sondage pour un électricien |
| Référentiel | Méthode de l'arrêté du 28 septembre 2017 (norme NF C 16-600) | Règles de conformité de la norme NF C 15-100 |
| Durée de validité | 3 ans en vente, 6 ans en location | Pas de limite pour la mise en service ; tient lieu de diagnostic dans un délai limité |
| Effet d'une anomalie | Signalée au rapport, aucune obligation de travaux | Pas de visa tant que la mise en conformité n'est pas faite |
Qui contacter pour chaque document ?
Le premier contact dépend du document recherché. Pour un diagnostic, le client s'adresse à un professionnel certifié, entreprise de diagnostic immobilier ou indépendant, qui peut réaliser l'état de l'installation intérieure lors de la visite prévue pour le diagnostic gaz ou amiante ; une offre groupée réduit le nombre de visites. Pour une attestation Consuel, le client passe par l'électricien qui a réalisé le chantier : lui seul remplit le formulaire en ligne depuis son espace professionnel. Le particulier qui a fait ses travaux ouvre son propre espace client sur le site de l'organisme. EDF, fournisseur d'électricité, ne délivre pas le visa : pour la mise en service, le contact reste le gestionnaire du réseau, Enedis sur la majeure partie du territoire.
La durée de la démarche diffère aussi : quelques jours pour réaliser un diagnostic, plusieurs semaines pour réaliser la procédure Consuel complète. Avant de signer, consulter l'actualité réglementaire sur service-public.fr évite de s'appuyer sur une règle périmée.
Le verdict tient dans la dernière ligne : le diagnostic constate, le Consuel bloque. Un rapport chargé d'anomalies n'empêche ni la vente ni la location, alors qu'une attestation refusée laisse le logement sans courant.
Quand le diagnostic électrique est-il obligatoire ?
Le diagnostic électrique est obligatoire pour la vente et pour la location d'un appartement ou d'une maison dont l'installation électrique date de plus de 15 ans, selon service-public.fr. C'est l'âge de l'installation qui compte, pas celui du bâtiment : une maison ancienne entièrement recâblée il y a dix ans n'y est pas soumise, si le propriétaire peut le prouver par une facture ou une attestation.
Côté vente, le rapport doit dater de moins de 3 ans à la signature de la promesse ou de l'acte authentique (article D271-5 du code de la construction et de l'habitation). Côté location, il doit dater de moins de 6 ans à la signature du bail, en application de l'article 3-3 de la loi du 6 juillet 1989 et du décret du 11 août 2016. Dans les deux cas, il rejoint le dossier de diagnostic technique, avec le diagnostic amiante, le DPE ou l'état des risques.
Le vendeur qui ne le fournit pas ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés. Le recours à un diagnostiqueur non certifié expose le bailleur ou le vendeur à une amende de 1 500 euros, portée à 3 000 euros en cas de récidive, selon cette fiche officielle. Pour la liste complète des documents à réunir, la page consacrée aux diagnostics obligatoires lors d'une vente détaille chaque pièce du DDT.
Comment se déroule un diagnostic électrique ?
Un diagnostic électrique se déroule en une visite d'une à deux heures pour un logement courant, installation sous tension. Le diagnostiqueur contrôle les parties privatives et les dépendances en aval de l'appareil général de commande et de protection, sans démonter les équipements. La fiche de service-public.fr liste les points vérifiés :
- la présence et l'accessibilité de l'appareil général de commande et de protection ;
- au moins un dispositif différentiel adapté à la prise de terre ;
- une protection contre les surintensités adaptée à chaque circuit ;
- la liaison équipotentielle et l'installation des pièces avec baignoire ou douche ;
- les matériels inadaptés ou dangereux et les conducteurs non protégés mécaniquement.
Le rapport suit un modèle réglementé : chaque anomalie y figure avec sa localisation et le risque associé. Il ne dit pas comment réparer, ce rôle revient à l'électricien. Pour lever ces défauts, la page qui explique comment sécuriser son installation après le contrôle détaille les corrections courantes.
Quels travaux nécessitent un certificat Consuel ?
Le certificat Consuel est exigé chaque fois que le gestionnaire du réseau doit mettre sous tension une installation qu'il ne connaît pas encore. Le guide énergie d'EDF et le Consuel retiennent trois cas :
- installation neuve : maison ou appartement neuf, local transformé en habitation, extension raccordée avec son propre compteur ;
- rénovation complète avec coupure : le gestionnaire a coupé l'alimentation à la demande du client pour refaire le câblage, et la remise en service passe par un nouveau visa ;
- production d'électricité : panneaux photovoltaïques ou autre production raccordée au réseau, avec ou sans stockage.
À l'inverse, remplacer un tableau, ajouter des prises ou refaire une pièce sans coupure du réseau ne déclenche aucune obligation de Consuel. L'électricien reste tenu par la norme NF C 15-100, mais aucune attestation n'est exigée pour garder le courant. Le propriétaire peut toutefois en demander une volontairement, ce qui a un intérêt réel avant une vente ou une mise en location, comme le montre la suite.
Comment obtenir le certificat Consuel ?
Le certificat Consuel s'obtient en quatre étapes décrites sur le site du Consuel, toutes en ligne depuis l'espace client « monespaceconsuel » :
- créer un compte, ouvrir un dossier et acheter une attestation de la couleur adaptée, puis la remplir ;
- payer en ligne et envoyer le dossier complet, ce qui déclenche la demande de visa ;
- recevoir, le cas échéant, la visite de contrôle, programmée dans les 15 jours suivant la demande ;
- obtenir le visa : l'attestation est alors transmise au gestionnaire de réseau de distribution (GRD), qui programme la mise en service.
Le Consuel recommande de déposer la demande de visa 3 semaines avant la date de raccordement prévue. L'attestation doit être achetée et signée par l'auteur des travaux, qui engage sa responsabilité : un particulier ne remplit pas l'attestation à la place de l'électricien qui a câblé. Quand la visite relève des anomalies, la demande passe en « action requise » : il faut corriger puis signer une déclaration de mise en conformité, ou payer une seconde visite.
Quelle couleur d'attestation pour quel chantier ?
L'attestation Consuel existe en quatre couleurs, selon la nature de l'installation, d'après le guide d'EDF :
- jaune : installation à usage domestique, le cas courant d'un logement neuf ou rénové ;
- verte : locaux non domestiques, comme les parties communes d'un immeuble ou les locaux qui reçoivent du public ou des salariés ;
- bleue : production renouvelable sans stockage ;
- violette : production avec stockage.
L'attestation jaune, ou Consuel jaune, concerne donc presque tous les chantiers de maison ou d'appartement. Une maison équipée de panneaux solaires demande en plus une attestation de production, distincte de celle du logement.
Après une rénovation : le bon document selon votre situation
Après une rénovation, le choix entre diagnostic électrique et Consuel dépend de deux faits : le réseau a-t-il été coupé, et le logement va-t-il être vendu ou loué ? Cinq profils couvrent la plupart des cas rencontrés par un propriétaire.
Rénovation complète avec coupure du compteur
Une installation entièrement refaite après mise hors tension par le gestionnaire exige l'attestation Consuel : sans visa, pas de remise sous tension. Le diagnostic électrique n'a ici aucune utilité immédiate, puisque l'installation est neuve au sens du réseau. Le propriétaire a intérêt à conserver l'attestation visée avec les factures de l'électricien : elle prouve l'âge de l'installation et pourra tenir lieu de diagnostic dans les délais fixés.
Mise en sécurité partielle, réseau maintenu
Une mise en sécurité partielle, qui lève les anomalies d'un ancien rapport sans couper le réseau, n'exige pas de Consuel. Promotelec la décrit comme une mesure provisoire : le diagnostic relève les défauts, l'électricien les corrige point par point, et une attestation peut être demandée à titre volontaire. Si l'installation garde plus de 15 ans, un nouveau diagnostic électrique reste dû à la prochaine vente ou location.
Vente peu après les travaux
Un vendeur qui vient de refaire l'électricité avec visa Consuel n'a pas toujours besoin d'un diagnostic. Si l'installation complète date de moins de 15 ans et que les factures le prouvent, l'obligation de diagnostic tombe. Le guide d'EDF indique aussi qu'une attestation visée remplace le diagnostic en vente pendant 3 ans ; le notaire vérifie la pièce au moment de la promesse.
Mise en location
Pour une mise en location, service-public.fr admet l'attestation de conformité visée par le Consuel, en général remise par l'installateur, à la place du diagnostic si elle date de moins de 6 ans. Le bailleur la joint au contrat de location à la signature du bail, pour l'information du futur locataire. Les autres pièces du dossier sont listées sur la page des diagnostics à fournir avec un bail.
Panneaux solaires sur un logement existant
Une installation photovoltaïque raccordée au réseau suit la procédure Consuel avec une attestation bleue ou violette, que le logement soit neuf ou ancien. Elle ne remplace pas le diagnostic électrique de la partie habitation : le diagnostiqueur contrôle l'installation domestique, la production relève de son propre visa.
Les limites de chaque document
Le diagnostic électrique a une limite majeure : il photographie un état sans rien corriger. Un acquéreur qui reçoit un rapport rempli d'anomalies sait qu'il devra financer une mise en sécurité, mais le vendeur n'a aucune obligation de la réaliser. Le diagnostic ne contrôle pas non plus les parties communes d'un immeuble ni les équipements débranchés au moment de la visite.
L'attestation Consuel a la limite inverse : elle porte sur l'installation telle qu'elle était au jour du visa. Un ajout de circuits par un particulier après le passage du Consuel n'apparaît nulle part, et la réalisation de ces ajouts n'engage que lui. Le contrôle sur place reste aussi par sondage quand un électricien signe l'attestation : le visa engage d'abord la responsabilité de l'auteur des travaux.
Un piège revient souvent : le vendeur présente une attestation ancienne, hors délai, en pensant être dispensé. Passé le délai, elle ne vaut plus diagnostic, et seule la preuve que l'installation a moins de 15 ans évite un nouveau contrôle. Un autre piège tient aux certifications : seul un diagnostiqueur certifié peut établir le rapport, l'annuaire officiel des certifiés permet de le vérifier.
Consuel ou diagnostic : les cas limites après travaux
Quel est le prix d'un diagnostic électrique ?
Le prix d'un diagnostic électrique n'est pas réglementé : chaque diagnostiqueur fixe son tarif. Il varie selon la surface du logement, le nombre de circuits, la région et le fait de grouper le diagnostic avec d'autres contrôles du DDT, comme l'amiante ou le DPE. Un devis gratuit, demandé à deux ou trois diagnostiqueurs, permet de comparer les offres avant de commander.
Quels documents sont nécessaires pour le Consuel ?
Le dossier Consuel comprend l'attestation remplie par l'auteur des travaux, la référence du point de livraison ou de la demande de raccordement, et les schémas de l'installation demandés selon le type de chantier. Pour une installation de production, les caractéristiques des panneaux et de l'onduleur s'ajoutent. Les notices de chaque couleur, publiées par le Consuel, détaillent les pièces exactes.
Un particulier qui refait lui-même son électricité peut-il obtenir le Consuel ?
Un particulier peut obtenir le Consuel pour une installation qu'il a câblée seul : il achète et signe l'attestation en tant que responsable de la réalisation. La visite de contrôle est alors systématique, alors qu'elle se fait par sondage pour un électricien. En cas d'anomalie, il corrige et signe une déclaration de mise en conformité, ou paie une nouvelle visite.
Le diagnostic électrique oblige-t-il à faire des travaux ?
Le diagnostic électrique n'oblige à aucun travaux : il informe l'acquéreur ou le locataire. En location, le bailleur reste toutefois tenu de remettre un logement décent, ce qui suppose une installation sans danger pour l'occupant. Un rapport qui signale un risque grave justifie donc une intervention rapide, avant l'arrivée du futur occupant.
Pour faire établir un diagnostic électrique avant une vente ou une location, ou vérifier si une attestation récente suffit, un devis de diagnostic immobilier précise les contrôles utiles selon le logement.



