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Diagnostic Immobilier
Le parc de logements français classe par classe : ce que mesure le DPE

Le parc de logements français classe par classe : ce que mesure le DPE

Publication : - Modifié le

Selon les statistiques DPE France publiées par le SDES le 12 novembre 2025, 3,9 millions de résidences principales restent des passoires énergétiques au 1er janvier 2025, soit 12,7 % du parc, tandis que la classe D regroupe à elle seule 33,7 % des logements.

Le parc métropolitain en six chiffres

  • 30,9 millions de résidences principales, 37,4 millions de logements au total.
  • 3,9 millions de passoires (étiquettes F et G) parmi les résidences principales : 12,7 %.
  • 5,4 millions de passoires sur l'ensemble du parc, soit 14,4 %.
  • 8,6 % de logements performants (étiquettes A et B).
  • 836 000 passoires de moins qu'au 1er janvier 2023.
  • Environ 40 % de la dernière baisse s'explique par la réforme du calcul du DPE pour les petites surfaces.

Source : SDES, Observatoire national de la rénovation énergétique, publication du 12 novembre 2025. Chiffres relevés le 13 octobre 2026.

D'où viennent les statistiques DPE nationales ?

Les statistiques DPE de référence en France sont produites par le SDES, le service statistique du ministère de la Transition écologique, au sein de l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE). Chaque automne, ce service publie une estimation du parc de logements par classe de performance énergétique, datée au 1er janvier. L'édition la plus récente, parue le 12 novembre 2025, décrit le parc au 1er janvier 2025 en France métropolitaine ; celle qui portera sur le 1er janvier 2026 n'est pas encore publiée à la date de ce relevé.

La méthode repose sur une analyse en deux temps. Le SDES part des diagnostics de performance énergétique collectés par l'Ademe entre octobre 2024 et mars 2025, puis les extrapole à l'ensemble du parc à partir des fichiers fiscaux Fidéli, qui décrivent chaque logement : surface, date de construction, énergie de chauffage, statut d'occupation. Les DPE réellement réalisés ne couvrent qu'une fraction des logements, ceux qui ont changé de main ou de locataire : l'estimation corrige ce biais en rapprochant chaque logement diagnostiqué des logements comparables qui ne l'ont jamais été. La notice de méthodologie jointe à l'étude retient une définition stricte de la passoire énergétique : un logement classé F ou G selon le DPE global, volets énergie et climat réunis. L'étude complète se télécharge sur le site statistiques.developpement-durable.gouv.fr, qui héberge aussi les éditions précédentes.

Les données brutes, elles, restent accessibles à tous. L'Ademe diffuse la base des DPE logements existants en open data sur data.gouv.fr, et son observatoire DPE-audit permet de voir les statistiques par territoire : région, département ou commune. Ces chiffres décrivent les diagnostics déposés, pas le parc entier, et ne se comparent donc pas directement aux estimations du service statistique public. Sur data.gouv.fr, des réutilisations de cette base proposent une répartition par département ou par ville ; elles héritent de la même limite de représentativité.

Combien de logements par classe DPE en 2025 ?

Au 1er janvier 2025, la répartition des 30,9 millions de résidences principales par classe DPE place l'étiquette D en tête, avec 33,7 % du parc, devant la C (27,2 %) et la E (17,8 %). Les logements performants, classés A ou B, pèsent 8,6 % des résidences principales, soit environ 2,7 millions de logements. À l'autre extrémité, les étiquettes F et G réunissent 12,7 % du parc.

Étiquette DPERésidences principales au 1er janvier 2025
A et B8,6 %
C27,2 %
D33,7 %
E17,8 %
F7,9 %
G4,8 %

Source : SDES, Le parc de logements par classe de performance énergétique au 1er janvier 2025. La publication ne détaille pas séparément les classes A et B dans son texte.

Au sein de l'étiquette G, le SDES isole les logements très énergivores, dont la consommation conventionnelle en énergie finale dépasse 450 kWh par mètre carré et par an : ils représentent 1,4 % des résidences principales, contre 1,5 % un an plus tôt. Le DPE logement combine deux critères, la consommation d'énergie et les émissions de gaz à effet de serre, et retient la moins bonne des deux lettres.

Le nombre de passoires thermiques baisse-t-il vraiment ?

Le nombre de passoires thermiques parmi les résidences principales recule depuis trois éditions : 4,75 millions au 1er janvier 2023, 4,24 millions au 1er janvier 2024, puis 3,92 millions au 1er janvier 2025. La baisse du nombre de logements F ou G atteint ainsi 327 000 sur un an et 836 000 sur deux ans, soit un taux qui passe de 15,7 % à 12,7 % du parc.

Segment du parc1er janvier 20231er janvier 20241er janvier 2025
Résidences principales15,7 %13,9 %12,7 %
Propriétaires occupants16,5 %14,6 %14,0 %
Locataires du parc privé18,5 %15,9 %13,8 %
Parc locatif social8,1 %7,4 %5,8 %
Résidences secondaires29,5 %26,6 %25,6 %
Logements vacants24,1 %20,4 %18,4 %

Taux de passoires énergétiques (F ou G) par segment, France métropolitaine. Source : SDES, tableau 1 de la publication de novembre 2025.

Le SDES invite pourtant à la prudence. Près de 40 % du recul observé en 2025 vient de la réforme du calcul du DPE pour les logements de moins de 40 m², entrée en vigueur le 1er juillet 2024 : environ 160 000 appartements sont sortis de la catégorie des passoires par simple changement de seuils. Pour le reste, le service statistique cite deux explications possibles, une amélioration réelle (logements neufs, démolitions, rénovation énergétique) mais aussi des effets de comportement des diagnostiqueurs et des propriétaires. Une baisse statistique ne prouve donc pas, à elle seule, que les travaux s'accélèrent.

Passoires, étiquettes et location : trois questions sur les chiffres

Quel est le nombre de logements classés F ou G en France ?

La France métropolitaine compte environ 3,9 millions de résidences principales classées F ou G au 1er janvier 2025, dont 2,4 millions environ en F (7,9 %) et 1,5 million en G (4,8 %). En ajoutant les résidences secondaires et les logements vacants, le total monte à 5,4 millions de logements énergivores.

Un logement classé G peut-il encore être loué ?

Un logement classé G ne peut plus faire l'objet d'un bail signé, renouvelé ou reconduit depuis 2025 en métropole, car il ne respecte plus le critère de décence énergétique. Selon la fiche du site Service Public sur le logement décent, seules les classes A à E seront admises de 2028 à 2033, puis A à D à compter de 2034. Cette interdiction progressive découle de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, consultable sur Legifrance avec le décret sur le logement décent, lui aussi publié sur Legifrance. Le détail des pièces à remettre au locataire figure dans les diagnostics à joindre au bail.

Quel est l'impact du DPE sur l'immobilier ?

Le DPE pèse sur la valeur d'un bien parce qu'il conditionne la mise en location et signale le montant des travaux à venir à l'acheteur. La publication du SDES ne mesure pas cet effet sur les prix : elle compte des logements, pas des transactions. Le lien entre étiquette et négociation est traité dans notre analyse du DPE dans l'estimation du prix de vente.

Maisons, petites surfaces, fioul : où se concentrent les logements énergivores ?

Les logements énergivores se concentrent d'abord dans les maisons : 15,1 % des maisons occupées à titre de résidence principale sont des passoires, contre 9,7 % des appartements. La surface joue aussi, en sens inverse de l'intuition : 19,9 % des logements de moins de 30 m² ont une étiquette F ou G, contre 9,9 % de ceux de plus de 100 m², car les besoins en eau chaude sanitaire et les déperditions pèsent davantage rapportés à une petite surface.

  • Âge du bâti : 26,7 % de passoires parmi les logements construits avant 1948 et 18,3 % pour la période 1948-1974, alors que les logements bâtis depuis 2013 sont classés A pour 23,7 % et B pour 23,5 %. La mise en place des réglementations thermiques à partir du milieu des années 1970 se lit directement dans ces écarts.
  • Énergie de chauffage : environ 42 % des résidences principales chauffées au fioul sont classées F ou G, contre 9,1 % au gaz, 10,4 % pour le bois ou les réseaux de chaleur et 10,6 % pour l'électricité. Le critère climat du diagnostic pénalise les énergies les plus émettrices. À l'inverse, les logements raccordés à des réseaux de chaleur ou chauffés au bois affichent 14,1 % d'étiquettes A ou B, et ceux chauffés à l'électricité 14,6 %.
  • Statut d'occupation : les propriétaires occupants détiennent 2,5 millions de passoires, le parc locatif privé 1,1 million et le parc locatif social environ 284 000.

Les logements anciens chauffés au fioul cumulent donc les deux facteurs : pour un propriétaire dans ce cas, les pistes de travaux présentées dans le guide sur les panneaux solaires et le classement DPE ou le remplacement des menuiseries ne suffisent pas toujours sans changer le mode de chauffage.

La réforme de janvier 2026 va-t-elle encore faire bouger les chiffres ?

La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2026 abaisse le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire utilisé dans le calcul du DPE, ce qui améliore mécaniquement l'étiquette des logements chauffés à l'électricité. Le SDES a simulé son effet dès la publication de novembre 2025 : environ 700 000 résidences principales quitteraient la catégorie des passoires, qui tomberait à 3,2 millions, soit 10,4 % du parc, si la nouvelle règle avait déjà joué au 1er janvier 2025.

Cette simulation change la lecture des prochaines séries. Une nouvelle baisse dans l'édition au 1er janvier 2026 mélangera, comme en 2025, un effet de méthode et un effet de travaux : seule une comparaison à règles constantes, que le SDES fournit dans ses encadrés, permet de mesurer les progrès réels de l'efficacité énergétique du parc immobilier. Pour un propriétaire, la conséquence est concrète : un logement électrique classé F ou G sur un ancien diagnostic peut changer de classe sans travaux, à condition de faire établir un nouveau DPE ou de mettre à jour l'attestation existante sur le site de l'Ademe.

Ce que ces chiffres disent du parc de logements

Ces chiffres dessinent un parc de logements massivement « moyen » : deux résidences principales sur trois se situent entre C et E, loin des passoires comme des logements performants. Le débat public se concentre sur les F et G, mais l'échéance de 2034, qui écartera aussi la classe E de la location, concernera un volume bien plus large, puisque l'étiquette E représente à elle seule 17,8 % des résidences principales.

Ils montrent aussi un écart persistant entre territoires et usages : résidences secondaires (25,6 % de passoires) et logements vacants (18,4 %) restent nettement plus énergivores que les résidences principales, sans échéance de location pour les inciter aux travaux. Enfin, la rénovation reste difficile à isoler dans les séries : entre réformes de calcul et effets de comportement, une donnée nationale sur le DPE se lit toujours avec sa note de méthode.

Les principaux enseignements valent pour l'ensemble du territoire métropolitain, mais le rapport national ne descend pas au niveau de chaque territoire : pour comparer deux territoires, l'observatoire de l'Ademe reste l'outil adapté, avec la réserve de représentativité déjà signalée. Partout, l'âge des bâtiments reste le facteur le plus lisible, car les bâtiments d'avant 1975 concentrent les étiquettes G, alors que les bâtiments récents se classent majoritairement en A ou B. Côté financement, l'Anah instruit les dossiers MaPrimeRénov', principale aide publique à la rénovation ; ses conditions évoluent chaque année et se vérifient sur le site de l'Anah avant tout projet, l'évolution des règles en 2026 ayant resserré les travaux éligibles. Les leviers concrets pour gagner une classe sont détaillés dans l'audit énergétique appliqué à la porte d'entrée.

Mise à jour : chiffres relevés le 13 octobre 2026 sur la publication du SDES du 12 novembre 2025, dernière édition disponible.

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