Accéder au contenu
Diagnostic Immobilier
DPE de l'immeuble et DPE de l'appartement : qui fait quoi

DPE de l'immeuble et DPE de l'appartement : qui fait quoi

Publication : - Modifié le

DPE collectif ou individuel ? Pour la vente ou la location d'un appartement, seul le DPE individuel du logement fait foi. Le DPE collectif, exigé en copropriété depuis le 1er janvier 2024, 2025 ou 2026 selon le nombre de lots, mesure la performance énergétique de l'immeuble et prépare les travaux de rénovation.

Deux diagnostics, deux usages

DPE individuel
Réalisé par un diagnostiqueur certifié à la demande du propriétaire, il fixe l'étiquette énergie et climat du logement, s'annexe au bail ou à la promesse de vente et conditionne la location depuis la loi Climat et résilience.
DPE collectif
Commandé par le syndicat de copropriété après un vote, il décrit le bâtiment d'habitation, son chauffage, sa consommation d'énergie, ses émissions de gaz à effet de serre et les travaux de rénovation thermique à inscrire au plan pluriannuel.

L'un ne remplace pas l'autre : le vendeur d'un lot fournit toujours le DPE de son appartement parmi les diagnostics immobiliers obligatoires lors d'une vente.

Quelle est la différence entre DPE collectif et individuel ?

Le DPE collectif et le DPE individuel reposent sur la même méthode de calcul et affichent les mêmes étiquettes énergie et climat, de A à G, mais leur objet diffère. Le diagnostic individuel porte sur un logement précis : sa surface, ses fenêtres, son mode de chauffage, sa production d'eau chaude sanitaire, sa ventilation. Le DPE de l'immeuble prend le bâtiment comme unité : toiture, façades, planchers bas, chaufferie commune, réseaux, et il raisonne à l'échelle du bâtiment, pas d'un appartement.

La différence se lit surtout dans l'usage. Le DPE individuel est un document de transaction : il accompagne la vente ou la mise en location, il est remis à l'acheteur ou au locataire et il engage la responsabilité du diagnostiqueur en cas d'erreur. Le DPE collectif est un outil de gestion pour la copropriété : il éclaire le choix des travaux et alimente le plan pluriannuel de travaux. Il ne s'annexe pas à l'acte de vente d'un lot et ne dispense de rien.

Un troisième diagnostic entretient la confusion : l'audit énergétique. Service-public le distingue nettement du DPE collectif, qui se limite à une évaluation globale de la performance énergétique, alors que l'audit hiérarchise les travaux et en traite l'aspect financier. Pour une maison ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G mis en vente, l'audit énergétique s'ajoute au DPE.

Les deux diagnostics comparés critère par critère

Le DPE collectif ou individuel se choisit rarement : la loi désigne lequel s'applique selon la situation. Le tableau compare les critères qui comptent pour un propriétaire ou un conseil syndical.

Critère DPE individuel DPE collectif
PérimètreUn logement (appartement ou maison)L'immeuble entier, parties communes et équipements collectifs compris
Qui le commandeLe propriétaire du lot ou du bienLe syndicat de copropriété, après vote
DéclencheurVente, location, renouvellement du bailCalendrier légal fixé selon la taille de la copropriété
DestinataireAcheteur, locataire, annonce immobilièreAssemblée, carnet d'entretien, Ademe
Validité10 ans pour un DPE établi selon la méthode de 202110 ans, sans renouvellement si le bâtiment est classé A, B ou C
Effet juridiqueConditionne la location (interdite en G depuis 2025) et engage le diagnostiqueurPrépare la décision de travaux, sans sanction légale en cas d'absence
BudgetModéré, réglé par le propriétairePlus élevé, réparti entre les lots selon les tantièmes

Le verdict se résume ainsi : le copropriétaire qui vend ou loue s'occupe de son DPE individuel ; le syndic et le conseil syndical portent le DPE collectif, qui ne sert qu'à la copropriété.

Quand le DPE collectif devient-il obligatoire ?

Le DPE collectif est obligatoire pour les immeubles d'habitation collective dont le permis de construire a été déposé avant le 1er janvier 2013. La loi Climat et résilience de 2021 a fixé un calendrier progressif, inscrit à l'article L126-31 du code de la construction et de l'habitation, que service-public détaille ainsi :

  • 1er janvier 2024 : immeubles en monopropriété et copropriétés de plus de 200 lots ;
  • 1er janvier 2025 : copropriétés de plus de 50 lots et jusqu'à 200 lots ;
  • 1er janvier 2026 : copropriétés de 50 lots au plus ;
  • 1er janvier 2028 : immeubles situés en Guadeloupe, Martinique, Guyane, à La Réunion et à Mayotte.

Depuis janvier 2026, toutes les copropriétés de France métropolitaine construites avant 2013 entrent donc dans le champ. Le décompte inclut lots principaux et secondaires selon le règlement de copropriété : une cave ou un parking forme un lot. Un immeuble récent, au permis déposé après le 1er janvier 2013, n'est pas soumis à cette obligation, car les règles thermiques de sa construction encadrent déjà sa performance.

Le DPE collectif se renouvelle ou se met à jour tous les dix ans. Exception notable : un diagnostic réalisé après le 1er juillet 2021 qui classe le bâtiment en A, B ou C dispense de ce renouvellement. Les anciens DPE collectifs n'ont plus cours : ceux réalisés entre 2013 et 2017 ont expiré fin décembre 2022, ceux de 2018 à juin 2021 fin décembre 2024.

Le DPE individuel : toujours dû pour vendre ou louer

Le DPE individuel reste exigé à chaque vente et à chaque location d'un logement, qu'il se trouve dans une copropriété équipée d'un DPE collectif ou non. Il doit dater de moins de dix ans au jour de la signature du bail, de son renouvellement, de la promesse ou de l'acte de vente. Les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ne valent plus rien depuis le 1er janvier 2025 et doivent être refaits ; ceux réalisés depuis cette date restent valables dix ans. Le notaire vérifie sa présence dans le dossier de diagnostic technique annexé à la promesse ou à l'acte d'achat, car le DPE individuel sert d'abord à l'information de l'acheteur.

La classe du DPE individuel conditionne la mise en location. Un logement classé G ne peut plus être loué depuis le 1er janvier 2025, y compris lors d'un renouvellement ou d'une tacite reconduction ; la classe F suivra en 2028 et la classe E en 2034. Pour un bailleur, le diagnostic de l'appartement pèse donc directement sur le revenu locatif, alors que le DPE de l'immeuble n'a aucun effet sur le bail.

Le diagnostic individuel figure aussi dans l'annonce : étiquettes énergie et climat lisibles, mention « logement à consommation énergétique excessive » pour les classes F et G, estimation de la facture annuelle d'énergie. Le changement de calcul du 1er janvier 2026 compte aussi : le coefficient qui convertit l'électricité en énergie primaire passe de 2,3 à 1,9, ce qui améliore le classement de nombreux logements chauffés à l'électricité. Un propriétaire dont le DPE de 2025 gagne une classe avec ce nouveau calcul peut obtenir une mise à jour gratuite en ligne. La liste complète des diagnostics à fournir lors d'un bail ne s'arrête pas au DPE : plomb, électricité, gaz, risques et bruit s'y ajoutent selon le logement.

Comment se déroule un DPE collectif ?

Le DPE collectif commence par un vote en assemblée générale. Le syndic inscrit à l'ordre du jour la réalisation du diagnostic et le choix du prestataire ; la résolution passe à la majorité simple de l'article 24 de la loi du 10 juillet 1965, c'est-à-dire à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents ou représentés. Le coût se répartit entre tous les lots, comme les autres charges de l'immeuble.

  1. Collecte des données : le gestionnaire transmet à ses frais la description des équipements collectifs (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, ventilation), leur mode de gestion, la répartition des frais de consommation, ainsi que les factures des travaux d'amélioration thermique déjà réalisés et les diagnostics techniques existants.
  2. Visite : le diagnostiqueur visite les parties communes et l'ensemble des logements ou un échantillon représentatif, puis relève les caractéristiques du bâtiment.
  3. Calcul : les données passent dans un logiciel agréé ; les résultats donnent les quantités d'énergie consommée ou estimée, les émissions de gaz à effet de serre, les étiquettes, une évaluation de l'aération et des recommandations de travaux chiffrées.
  4. Restitution : le diagnostic part au syndic et à l'Ademe, qui centralise ces données en France, puis il est présenté à l'assemblée suivante et annexé au carnet d'entretien.

Lors de cette présentation, le gestionnaire doit consulter l'assemblée sur un programme de travaux d'économies d'énergie ou un contrat de performance énergétique, sauf si un projet de plan pluriannuel de travaux prévoyant ce type de travaux figure déjà à l'ordre du jour.

Qui peut réaliser ces diagnostics ?

Le DPE collectif comme le DPE individuel exigent un diagnostiqueur certifié, et les conditions sont identiques. Le professionnel doit être indépendant et impartial : aucun lien avec le propriétaire, le syndic ou une entreprise de travaux intervenant sur les équipements diagnostiqués. Il détient un certificat de compétence délivré par un organisme accrédité par le Cofrac, selon les critères de l'arrêté du 20 juillet 2023, et une assurance de responsabilité civile professionnelle.

L'annuaire officiel des diagnostiqueurs immobiliers certifiés permet de rechercher un professionnel et de vérifier sa certification avant de signer. Pour un immeuble, une expérience spécifique des bâtiments collectifs compte : la collecte des données sur une chaufferie commune ou un réseau de ventilation demande plus de méthode que la visite d'un studio. Le conseil syndical gagne à demander deux ou trois offres détaillées, avec la liste des logements visités, plutôt qu'un simple prix. Un devis de diagnostic immobilier sérieux précise le périmètre, les pièces attendues du syndic et le délai de remise du rapport.

DPE collectif face au DPE individuel, vente bloquée et monopropriété

Le DPE collectif remplace-t-il le DPE individuel ?

Le DPE collectif ne remplace jamais le DPE individuel pour vendre ou louer un lot. L'acheteur ou le locataire doit recevoir le diagnostic du logement lui-même, établi par un diagnostiqueur mandaté par le propriétaire. Le rapport collectif peut être consulté auprès du syndic, mais il ne figure pas parmi les pièces exigées pour la transaction.

Une copropriété sans DPE collectif bloque-t-elle une vente ?

L'absence de DPE collectif ne bloque pas la vente d'un appartement. La loi ne prévoit aucune sanction lorsque la question figure à l'ordre du jour et fait l'objet d'un débat en assemblée. La responsabilité du syndicat peut en revanche être engagée si un propriétaire de lot subit un préjudice, par exemple l'impossibilité de louer, à cause d'un mauvais classement lié aux parties ou équipements communs.

Un immeuble en monopropriété est-il concerné ?

Un immeuble d'habitation collective appartenant à un seul propriétaire est concerné depuis le 1er janvier 2024, s'il a été construit sur un permis déposé avant 2013. Le propriétaire unique commande alors le DPE de l'immeuble ; il reste tenu de fournir un DPE individuel pour chaque appartement loué.

Les copropriétés obligées peuvent-elles obtenir une aide pour le payer ?

Selon service-public, les copropriétés soumises à l'obligation ne peuvent pas bénéficier d'aide financière pour le DPE collectif lui-même. Les aides de rénovation portent ensuite sur les travaux votés, pas sur le diagnostic obligatoire.

Ce que le DPE collectif change pour le plan pluriannuel de travaux

Le DPE collectif nourrit directement le projet de plan pluriannuel de travaux (PPPT), lui-même obligatoire pour les copropriétés de plus de quinze ans. Ce programme, élaboré par un professionnel, recense sur dix ans les travaux nécessaires à la sauvegarde de l'immeuble, à la santé des occupants et à la réalisation d'économies d'énergie. Les recommandations du DPE collectif en donnent la partie énergétique : traitement thermique de la toiture ou des façades, remplacement d'une chaudière collective, réglage de la ventilation.

Le diagnostic technique global (DTG), document plus large sur l'état du bâti, intègre lui aussi le DPE collectif quand la copropriété en dispose. Un conseil syndical qui prépare un DTG a intérêt à coordonner les deux missions pour éviter deux visites et deux collectes de documents ; l'intérêt de recourir à un expert immobilier avant un diagnostic technique global tient justement à cette vue d'ensemble.

Une étiquette collective médiocre ne condamne pas l'immeuble, mais elle place l'assemblée devant un choix. Les gains les plus nets viennent souvent des éléments communs : une toiture non isolée ou une chaudière ancienne pèsent sur la consommation de chaque appartement, alors qu'un propriétaire seul n'a aucune prise dessus.

Comment améliorer la performance énergétique d'un immeuble après le diagnostic ?

La performance énergétique d'un immeuble s'améliore en suivant l'ordre des recommandations du DPE collectif, qui hiérarchisent les postes selon leur effet sur la consommation et les émissions. Les leviers les plus fréquents concernent l'enveloppe et les systèmes partagés :

  • isolation de la toiture-terrasse ou des combles, souvent le poste le plus rentable ;
  • isolation des façades par l'extérieur, votée en assemblée générale car elle modifie l'aspect du bâtiment ;
  • remplacement ou optimisation du chauffage collectif et de la production d'eau chaude sanitaire ;
  • mise à niveau de la ventilation, que le DPE collectif évalue désormais avec l'aération ;
  • individualisation des frais de chauffage, qui incite chaque occupant à réduire sa consommation.

Chaque chantier voté fait progresser l'étiquette de l'immeuble et, par ricochet, celle des appartements : un DPE individuel refait après une isolation de façade ou une nouvelle chaudière reflète ces travaux. Pour un propriétaire bailleur dont le logement est classé F ou G, cette rénovation collective peut décider du maintien de la location. Un chantier de façade suppose en général une déclaration préalable auprès du service d'urbanisme.

Vendre ou louer dans un immeuble déjà diagnostiqué

Un vendeur dans un immeuble doté d'un DPE collectif garde deux réflexes. D'abord, faire réaliser ou vérifier son DPE individuel avant la mise en vente, puisque la classe figure dès l'annonce. Ensuite, réunir le DPE de l'immeuble et le programme de travaux voté : l'acheteur y lit les dépenses à venir et la trajectoire énergétique du bâtiment. Un candidat qui veut acheter compare également le prix demandé à la lumière de ces deux étiquettes. Une étiquette de l'appartement qui progresse grâce à des travaux votés pèse dans la négociation, comme le montre l'effet d'un DPE réalisé avant de faire estimer un bien.

Le bailleur, lui, regarde d'abord le calendrier : un appartement en G ne se loue plus depuis janvier 2025, un appartement en F ne se louera plus à partir de 2028. Si le diagnostic de l'immeuble montre que la mauvaise classe tient à la chaudière ou à la toiture, le levier passe par l'assemblée générale, pas par des travaux privatifs isolés. Dans ce cas, inscrire une résolution de travaux à l'ordre du jour reste la démarche la plus efficace pour protéger la valeur locative du lot.

Articles similaires

▲